Thursday, April 25, 2013

L'histoire du puerh, la brique 7562


Un des moments forts de l'exposition de puerh du Tea Institute fut la dégustation de quelques feuilles de cette brique de puerh 7562. Il s'agit d'un original de 1975, acheté par Teaparker en 1984 (et que j'ai déjà pu goûter en 2005).

Cette brique dénote par rapport à toutes les autres productions de puerhs de la période post 1949 à fin des années 1990. En effet, pendant cette période de production publique (et communiste!) tous les puerhs furent des mélanges d'orgines différentes. C'était une manière de simplifier la production et la vente du puerh. Ce n'est qu'après la privatisation du secteur que l'on vit apparaitre des puerhs provenant de montagnes uniques, voire même de village unique dans ces montagnes.

Or, cette brique 7562 fut une commande pour une maison de thé de Hong Kong en 1975. Pour elle, la fabrique Menghai (signalée par le chiffre 2 dans le code à 4 chiffres) a créé une recette numéro 6. Il ne s'agit pas de feuilles de grade 6, mais de bourgeons et jeunes feuilles crues, et ceux-ci viennent d'Yiwu. Il s'agit donc d'une exception à la règle du mélange (blending).

Jason Cohen, directeur du Tea Institute, a la tache délicate d'ouvrir le papier sans (trop) le déchirer. (Cette brique vaut environ 5,000 Euros aux enchères en Chine, actuellement!).

Il est intéressant de voir comment le papier reste clair sur l'extérieur, mais est un peu brun à l'intérieur, au contact des feuilles. Pour de nombreuses contrefaçons, on voit ce brunissement sur l'extérieur! L'aspect et le toucher du papier après 38 ans est aussi différent d'un papier récent. Mais l'emballage reste un mauvais juge d'authenticité du thé. Le mieux est de pouvoir goûter un tel thé et de le mettre en mémoire.

Teaparker trouve important de partager l'expérience d'un vrai bon puerh avec les jeunes membres du Tea Institute. C'est ainsi qu'ils se forgeront un bon palais, car ils auront fait l'expérience de thés excellents. Teaparker infuse ces feuilles avec une théière en zhuni d'Yixing. Pour le vieux puerh cru, cette glaise peu poreuse restitue un maximum d'arômes. Nous sommes une quinzaine, et donc chacun n'a eu qu'un cl de thé par infusion. Avalé, ce thé semble léger comme de l'eau chaude. L'infusion était foncée, pourtant. Mais après quelques instants nous ressentons tous un sentiment de bien-être et de chaleur qui émane du ventre, de la gorge et se propage à la bouche. Douce salivation et appartitions d'odeurs riches et intenses. Extase! La bouche reste pure et clean. Tout est agréable.

(Il y quelques similitudes avec du vieux puerh cuit. La différence principale est cette fraicheur sous-jacente, cette énergie encore vivace du thé).

NB: De retour à Taiwan, je me suis offert une infusion de mon puerh en vrac du début des années 1970 pour bien récupérer des 12 heures de décalage horaire. Le résultat fut très proche de cette brique 7562.

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